L’Express–11/10/2021–Le cinglant revers judiciaire des médecins anthroposophes contre un lanceur d’alertes

octobre 20, 2021 ACTUALITES, JOURNAL, Presse écrite

A propos du jugement du tribunal judiciaire de Strasbourg du 7 octobre 2021 opposant -/ M. Grégoire Perra, défendeur et -/ l’association « Conseil national professionnel des médecins à l’expertise particulière, section médecine Anthroposophique », partie demanderesse.
Ce jugement et l’affaire qu’il sous-tend est tout d’abord tout à fait représentatif de l’action menée par tout groupe s’estimant injurié ou diffamé de porter ces faits devant les tribunaux, après avoir passé au crible tous les dires et écrits de leur auteur, pour obtenir sa condamnation. Et espérer, en se gardant le plus souvent de le dire, qu’il se taira.
C’est ainsi que M. Grégoire Perra a été amené à se défendre des accusations de même nature portées contre lui par l’association susvisée concernant les disciplines du mouvement anthroposophique qu’il évoquait.
Le tribunal de Strasbourg ne s’y est pas trompé qui, après une brillante et patiente analyse des textes européens et nationaux qui lui ont été soumis au regard des dispositions légales de ce que sont l’injure et la diffamation, n’a rien trouvé à redire ou à condamner.
Mieux, il a confirmé que les dires et écrits de M. Grégoire Perra, quand bien même fussent-ils choquants, sans toutefois être affirmatifs, s’inscrivent dans le nécessaire débat qui fait vivre notre système démocratique.
Ce qui justifie pour les juges de Strasbourg que M. Grégoire Perra puisse en outre bénéficier dans cette affaire d’un droit d’expression « renforcé » dès lors qu’elle porte sur un sujet d’intérêt national. D’où le jugement rendu en sa faveur et dénonçant par ailleurs le harcèlement judiciaire dont il est l’objet.
Pour l’heure, on ne sait pas si la partie demanderesse fera appel. C’est pourquoi il nous faut éviter toute conclusion hâtive.
Néanmoins on trouvera dans ce jugement, non seulement les critères de prudence requis pour se permettre de critiquer ou de dénoncer sans craindre d’être assignés en injure ou en diffamation, mais aussi et surtout la reconnaissance de l’intérêt général du débat engagé autour des différentes disciplines du mouvement anthroposophique.
Le Caffes

Retrouvez ici l’article de l’Express du 11 octobre repris en titre.