AMF–26/01/2022–PARTENAIRE DE l’AMF, LA MIVILUDES SENSIBILISE LES ELUS AUX DERIVES SECTAIRES

Nous saluons l’initiative de la Miviludes à former les élus aux dangers de l’offre sectaire. Il est clair qu’aujourd’hui, en 2022, lorsqu’un maire n’est pas informé sur les dérives sectaires, cela peut être une catastrophe pour sa commune.
La Miviludes a très bien compris qu’il fallait sensibiliser le 1er magistrat de la ville au fait sectaire, à son entrisme et aux dégâts qu’il peut engendrer pour l’individu comme pour la société. Cette formation qui commence ce jour, mercredi 26 janvier, est une véritable opportunité pour ces élus de se saisir du sujet comme ils ont pu le faire pour bien d’autres addictions.
En tant qu’association de terrain, nous soutenons la Miviludes dans cette démarche afin que ces élus puissent dans leurs fonctions agir dès le début pour préserver leurs concitoyens. Une action importante en sachant qu’il existe déjà en parallèle un gros travail pour l’accompagnement des victimes d’emprise sectaire comme nous le constatons quotidiennement au travers du nombre de plus en plus important de signalements, de familles passant notre porte.
Lorsque l’on n’est pas sensibilisé au sujet, on peut passer à côté de la dangerosité que peut représenter un mouvement à caractère sectaire, une technique pouvant induire une mise sous emprise, et l’on risque d’être, comme ce député Mr Gael Le Bohec, certainement abusé de bonne foi et dont nous ne portons aucun jugement, mais qui aujourd’hui met en exergue la méditation pleine conscience, un outil ressortant non pas du bien être comme cela est avancé mais d’une croyance avant tout. Peut-être, comme beaucoup encore aujourd’hui, n’a-t-il pas compris les risques inhérents à toute dérive sectaire.
Nous rappelons qu’en France, il existe la laïcité. Lorsque la Méditation Pleine Conscience est exercée et encadrée par des professionnels de santé diplômés d’Etat et qui l’utilisent parmi bien d’autres techniques de leur boîte à outils, elle repose sur un cadre scientifique et a entièrement sa place. Mais lorsqu’elle est mise en oeuvre par des praticiens qui auront suivi à peine quelques heures de formation privée, parfois même uniquement à distance, sanctionnées par un certificat, elle draine avec elle tout un lot de croyance.
Faire rentrer cela à l’école de la République, c’est exposer les enfants au risque, parce que malléables à leur jeune âge, de grandir formatés par des pratiques induites d’une croyance véhiculée dans un lieu de neutralité.
Il n’existe déjà pas suffisamment de contrôle du travail déguisé, du détournement des circuits économiques, faits dommageables découlant de l’emprise sectaire, alors comment imaginer la présence d’un inspecteur académique à chaque séance mise en place, pour garantir le respect de la laïcité en s’assurant de la neutralité du praticien?
Et des faits dommageables (déstabilisation mentale, rupture avec l’entourage, refus de soins, …) jusqu’à l’insoutenable, il y en a pour chaque emprise sectaire subie, comme en témoignent les familles arrivant dans notre centre d’accueil, démunies face au basculement d’un proche. Séduit par une pratique présentée au départ comme intéressante pour son mieux être, dans un objectif de « santé globale », pour soigner le corps et l’esprit, et qui progressivement a occasionné sa perte de repères, son isolement, le rejet de tout ce qui n’est pas issu du mouvement, la mise à disposition complète de sa vie et une allégeance inconditionnelle, la perte de son travail au profit d’une formation pour devenir à son tour praticien de la dite technique, la séparation familiale, l’implication quotidienne des enfants en bas âge dans les pratiques exercées, etc…
Mr le Député, en tant que présidente du CAFFES, je reste à votre disposition pour en échanger.