TEMOIGNAGES

Remerciements de familles accompagnées par le CAFFES au fil des années :

« à ce jour, nous avons arrêté le divorce et sommes de nouveau heureux ensemble. Je voulais vraiment vous remercier, votre écoute, votre bienveillance et vos conseils nous ont énormément aidé donc vraiment un grand « merci » sincère.»
M…

« Je vous remercie de tout ce que vous m avez donné ce matin, En  écoutant, En expliquant, En comprenant…et j ai quelques clés à essayer!!! »
M …

«  Par ce courriel, je tiens à remercier l’équipe du Caffes de m’avoir  permis de bénéficier de services de l’association que je remercie pour sa qualité d’écoute et son professionnalisme. »
C…

« Vous m avez apporté une écoute, un discernement, sincèrement MERCI»
A..

« Je me sens moins seule … pour faire prendre conscience  de la situation et protéger les enfants et c’est la première fois que  quelqu’un me propose de m’aider, au-delà de l’écoute, j’en suis encore toute bouleversée.»
D… 

 « J’adresse  mes sincères remerciements pour tout le travail que vous effectuez – c’est un travail laborieux. »
R…

« Merci au CAFFES, j’ai été écouté, entendu sans jugement.»
JP….

 « Je vous remercie pour votre bienveillance, votre écoute. Vous avez su poser des mots.» D…

 « Sur un chemin de souffrances et de questions, le CAFFES a été une aire de repos, de réponses et de solutions.» O…

« Merci pour le soutien sans faille, direct et indirect » A…

 « Je ne remercierai jamais assez l’équipe de l’association dans l’aide qu’elle m’a apportée, quand la tourmente s’était abattue sur ma fille d’abord puis sur moi. A tout le moins, vous m’avez sorti la tête de l’eau pour essayer de comprendre puis d’agir. » D…

« C’est grâce à vous que je suis sorti du mouvement. » R…

« Cet échange collectif de paroles nous a d’une part bouleversés et d’autres part revigorés. Face à l’emprise d’un manipulateur, nous avons certes frôlé l’implosion de notre couple et nous nous débattons toujours par le dialogue pour rejoindre la terre ferme. Mais nous avons trouvé à l’association une qualité d’écoute profonde qui nous a permis de rompre l’isolement de notre expérience personnelle et de confirmer la réalité de cette sinistre emprise. » P et C…

 » Je tenais par ce mail à souligner l’importance que revêt votre association pour les personnes confrontées au problème d’emprise. Votre accueil, votre savoir-faire, votre engagement doit être souligné. Donc en mon nom mais sûrement au nom des personnes qui sont ou seront confrontés à cette violente problématique, Merci d’exister.  » M…

« Bravo pour votre action auprès des personnes, des familles en désarroi et réelle difficulté » C…

« Un grand merci pour le temps que vous avez consacré à ma fille, aujourd’hui. Vous avez réussi à la faire sourire! » E…

Témoignage de Caroline* , apporté au CAFFES en février 2020 :

« Ma mère est entrée dans l’organisation précitée alors que j’avais 3 mois. Elle a toujours dit qu’elle est entrée chez les Témoins de Jéhovah car elle se sentait protégée de Satan et de ses démons grâce à Jéhovah, leur Dieu tout puissant, qui protège ses brebis (le peuple élu de Jéhovah s’auto-proclament-ils !!).  Au fil des années, elle s’est avérée fanatique. Je dis souvent que si ma mère faisait partie de l’islam radical, elle irait jusqu’au bout des pratiques du mouvement . Elle affirme elle-même que Jéhovah passe avant ses enfants et qu’elle donnerait sa vie pour son Dieu et d’ailleurs, celle de ses enfants aussi. J’y viendrai plus tard…Mon père a fini par également se convertir à cette secte quand j’avais 9 ans.
Je comprends depuis quelques années maintenant que je n’ai pas eu d’enfance, mes parents, cette secte m’ont volé mon enfance. Ils ont volé notre enfance, à mes 4 frères et moi-même. Toute notre vie était rythmée en fonction des principes de cette organisation.
Journée et semaine d’un TJ :
Prières quotidiennes (Matin/midi et soir) +  au p’tit dej pour bien commencer sa journée, il y a le texte du jour, livret édité par les TJ qui consiste à lire un verset biblique et son commentaire (ou interprétation des TJ)
Lundi : préparation de la réunion du mardi (qui se déroule à la salle) Mardi : de 19h30 à 21h30, réunion (imaginez, lorsque vous revenez du Lycée à 18h45 et que vous devez vite manger et les devoirs, ce sera après la salle !!!)Mercredi : préparation de la réunion du jeudi (qui se déroule en petit comité dans une famille de TJ)Jeudi : Etude de livre (nous avons eu une réunion chez nous pdt plusieurs années)Vendredi : Préparation de la réunion du samedi soir ou du dimanche (Revue Tour de garde)Samedi et/ou dimanche : porte à porte qu’il convient aussi de préparer
Il n’y a aucun respect du rythme biologique de l’enfant. C’est scandaleux !!
Une fois par an, une grande assemblée est organisée, à la période estivale. Cette assemblée se déroulait à…..au stade ………. Nous devions écouter du matin au soir des discours de cette organisation, de la part des anciens, des missionnaires, des oints. Des journées sans fin pour des petits-enfants, enfants et ados.
Nous étions obligés de les suivre à chaque évènement (salle, prédication, assemblées, etc…). Aucune alternative n’était possible. Tout est axé sur l’obéissance du Troupeau et de surcroît des enfants envers leurs parents.
Cette vie est une vie de non plaisir : Aucune fête n’est acceptée (sauf mariage + anniversaire de mariage). Notre anniversaire n’était donc pas célébré, noël non plus ni toutes autres fêtes telles que le réveillon du jour de l’an, ou les carnavals ou la galette des rois etc…. L’organisation fait tout pour éloigner la famille (selon eux, gens du monde/ sous la coupe de satan) et les amis (pour nous enfants, car eux n’ont que des fréquentions de la congrégation). In fine, les seules personnes que nous devons fréquenter sont ceux de cette organisation. Nous n’avions aucune activité extra-scolaire, ma mère refusait, même une activité piscine prescrite par le médecin scolaire, pour moi, car j’avais déjà des problèmes de dos à l’époque. Hormis la scolarité, nous vivions en pleine campagne dans une sorte d’autarcie centrée sur l’organisation des TJ. Le médecin avait détecté chez moi une grande anxiété (j’étais même insomniaque enfant) mais ma mère ne m’a jamais amenée pour consulter à ce titre. Elle m’amenait chez le médecin dans les cas extrêmes, elle évitait tous contacts avec « l’extérieur », le monde.
Chez mes parents, nous avons été élevés avec l’obsession de ma mère de satan ou de ses démons. Elle était également focalisée/obsédée par la (non)-sexualité, même les reportages télévisés animaliers dans lequel les animaux allaient s’accoupler étaient immédiatement coupés (changement de chaîne ou TV éteinte).  D’ailleurs, nous n’avions droit que très peu droit à la TV, puisqu’il s’agit d’informations/d’émissions etc provenant du monde.
Mes parents étaient violents. Ma mère nous frappait mais faisait aussi agir mon père quand il rentrait du travail, en lui relatant les faits de la journée (selon elle, de la désobéissance). Nous étions frappés avec des martinets, des cuillères en bois, avec les mains/ou poings, avec des fouets improvisés recueillis dans le saule pleureur du jardin. Ma mère voulait nous faire entrer de force dans ses croyances (quand à ses yeux nous lui désobéissions). Dans ce contexte, elle disait que nous allions courber l’échine (verset biblique) et céder en nous frappant violemment. Dès ma plus tendre enfance, j’ai souvenir de discours culpabilisants tenus par ma mère, tels que « même si moi, je ne vois pas tes bêtises, Jéhovah, lui voit tout et si tu fais des bêtises, tu mourras à Harmaguédon (l’intervention de Jéhovah sur Terre pour instaurer un paradis terrestre). » Affreux pour un enfant de se sentir observé par cet oeil jugeant de Jéhovah qui a droit de vie ou mort sur moi.
En parlant de ce droit, j’ai pu voir à quel point ma mère était sous emprise lorsque j’ai failli être opérée de l’appendicite, alors que j’avais 9/10 ans, au CHU ……… Très vite dans l’entretien avec le chirurgien, elle lui a dit qu’elle était TJ et qu’à ce titre, ils refusaient toute transfusion sanguine. Le chirurgien s’est immédiatement offusqué et lui lui a répondu qu’il ne me laisserait pas mourir sur la table d’opération si j’avais besoin de sang. Elle lui a rétorqué qu’elle avait une décharge sur elle et qu’elle le lui signerait. Et là, elle m’a interpellée en me tenant ces propos « Hein Caroline*, tu sais que tu seras ressuscitée à Harmaguédon si tu meurs sur la table d’opération ? ». Là, j’ai compris que ma mère était prête à me laisser mourir pour se conformer aux principes des TJ. Ce fut psychologiquement très violent pour moi.
J’en viens maintenant aux discours que nous entendions très jeunes à la salle, notamment, sur la sexualité. Aucun égard n’est fait à l’égard des enfants présents qui entendent par exemple, les pratiques sexuelles interdites, telles que, je cite « la masturbation, la sodomnie et les rapports buccaux-génitaux … ». Aucun enfant n’a à entendre cela, c’est une violation psychique !
Cette secte (comme toutes je pense) ne fonctionne que sur l’abus psychique, si vous n’êtes pas rebelle et donc, en lutte (ce que j’ai fait dès l’adolescence), vous n’êtes plus rien. C’est de l’abus psychique, vous devez suivre toutes les instructions, sans avoir à penser par vous-même, c’est du lavage de cerveau.
J’en viens, maintenant, à mon adolescence, période pendant laquelle je me suis fortement rebellée. Ce qui y a beaucoup contribué, c’était le discours paradoxal entendu à la Salle (amour du prochain, bienveillance, etc… ) et la violence au quotidien + un discours ultra négatif sur la sexualité (ressentie comme sale au regard du discours de ma mère et de ceux de la secte). De plus, les TJ disent détenir la vérité/être le peuple élu et je me disais, mais pourquoi, eux, seraient les détenteurs de cette vérité et pas les personnes non témoins de jéhovah ? C’était incohérent pour moi, un Dieu aimant, miséricordieux comme jéhovah qui condamnerait des êtres humains non TJ. ça me semblait injuste et absurde !!
Quand j’ai commencé à me maquiller vers 12/13 ans, et que mon père me voyait ainsi, il m’insultait et me disait que je ressemblais à une pute, une salope. J’ai commencé à sentir un regard anormal de sa part. Quand je me maquillais, il me claquait le visage et m’ordonnait de me démaquiller immédiatement. Je précise qu’il est recommandé aux femmes/jeunes filles de « cacher » leurs attributs féminins (porter des jupes longues, pas de décolleté, peu de maquillage etc..). 
Lorsqu’ils ont découvert que j’avais un petit ami, Eric*, lui aussi élevé chez les TJ, ils nous ont harcelés, traqués pour que cela cesse, à tel point, que mon père organisait ses trajets de travail pour me surveiller (par ex, il m’amenait jusqu’au Lycée …..). C’était une pression insupportable. Je subissais des comité d’anciens, soit à la salle, soit chez mes parents, qui n’avait qu’une seule idée en tête : est-ce que j’avais eu des relations sexuelles avec Eric*? En effet, chez les TJ, si on fréquente quelqu’un, c’est à l’âge adulte et dans l’objectif de se marier. Aucune sexualité n’est tolérée avant le mariage. J’avais le sentiment que mon corps appartenait à mes parents, encore plus à mon père, et aux anciens de la secte. Le premier sujet qui était abordé lorsque je revenais de fugue (quasi unique moyen pour passer du temps avec mon amoureux puisque je n’avais JAMAIS le droit de sortir) était celui de la sexualité. Mon père me questionnait avec violence « as-tu couché avec lui ? », en me tenant le bras très fort et en me secouant. C’était une obsession pour mon père, ma mère et pour les TJ. Ces fugues généraient chez mon père et ma mère beaucoup de violence et de mépris, un regard très dégradant sur moi, leur fille, qui osait partir de la maison pour rejoindre son amoureux…
C’était affreux pour moi !
A l’âge de 14 ans, mon père a tenté de me violer dans ma chambre. Cette possibilité était tellement inconcevable pour moi, de la part de mon père et de surcroît Témoins de Jéhovah, que j’ai mis cette tentative de viol sur le compte d’un cauchemar : ça n’avait pas pu arriver puisque les TJ disent avoir une haute moralité, au dessus de tout soupçon !!! Je me suis convaincue que c’était un cauchemar jusqu’au jour où j’ai oublié ce « cauchemar ». Sauf qu’à un moment, mon corps a beaucoup parlé et j’ai commencé à me pencher sur la question. Il m’a fallu des années de thérapies (toujours en cours) pour sortir du déni de cette tentative de viol. 
J’ai eu la force de porter plainte …en 2019, ……. Mon père a été mis en garde à vue le ……… et a bien-évidemment nié, en arguant qu’il est TJ est que ça n’existe pas dans cette organisation, qu’ils respectent les lois et qu’il n’est pas un pervers a-t-il dit lors de sa confrontation avec moi à cette même date. J’ai été écoeurée de voir à quel point, ils peuvent se mentir à eux-mêmes derrière leur statut de personnes bien pensantes et surtout, soit-disant, avec une haute moralité en famille et en société! Que du mensonge ! C’est intolérable ! Malheureusement, faute de preuves et parole contre parole, 30 ans après, les faits, ma plainte a été classée sans suite.
Pour continuer sur mon adolescence, j’ai été mère [à l’adolescence], d’un garçon, fils de mon amoureux de l’époque. Ma grossesse a été extrêmement éprouvante avec mes parents et la secte,  compte tenu de la transgression de leurs croyances, J’ai été rejetée, plus personne dans ma famille ne me parlait plus, mes parents me regardaient avec dédain/dégoût et mes frères avaient eu l’ordre de ne plus m’adresser la parole. Mon père me qualifiait de salope et mes frères répétait ces insultes. C’était invivable, j’aurais voulu mourir. Seul mon bébé me tenait en vie, je n’avais plus le goût de vivre. J’était totalement rejetée par ma famille mais également par les membres de la secte. Je ne me sentais même pas légitime à venir manger à la table lors des repas puisque personne ne m’adressait la parole, je n’étais plus rien. J’estime qu’il s’agissait de persécutions psychologiques. Je me suis mariée à l’âge de 16 ans car je voulais fuir ce foyer maltraitant, sans amour. J’ai demandé à vivre en concubinage pour être sûre qu’Eric* et moi étions bien faits l’un pour l’autre. Toutefois, mes parents me donnaient le choix entre rester chez eux (hors de question, je vivais l’enfer) ou me marier avec Eric* car mon père ne voulait pas de salope dans la famille !! Voilà à quoi j’étais réduite à ses yeux car je n’avais pas suivi les principes de leur secte.
Pour résumer, mon enfance s’est déroulée sans amour, dans une obsession permanente de ma mère (et de mon père également mais moins marqué que chez ma mère) de suivre les principes bibliques des TJ, dans la violence physique, psychique et dans un climat insécure permanent. Un enfant de témoins de jéhovah vit dans dans l’attente/la peur de la guerre de jéhovah, lequel va exterminer les méchants (gens du monde ou ceux qui ne lui obéissent pas, y compris les TJ ou leurs enfants désobéissants) et instaurer un paradis sur Terre. Sauf que votre foi peut vous coûter la vie en temps de guerre par ex (il y avait des préconisations à ce sujet : protéger la secte même au prix de sa vie). J’estime avoir été persécutée par mes parents et leur secte. Même si je l’ai fait à l’époque (mais à quel prix !) , les enfants n’ont pas le droit de contester, de remettre en cause les principes de cette organisation sous peine de représailles ! Vivre dans cette secte représente pour moi une sorte de torture mentale : aucune possibilité d’être vous-même sauf en luttant !!
Je souhaite que ce témoignage vous sera utile.
Par ailleurs, je tiens à vous remercier pour votre attention, votre bienveillance, que j’ai ressenties lors de notre communication téléphonique. »

*Prénom d’emprunt