LES SITES RADICAUX A DESTINATION DES JEUNES PROLIFERENT SUR INTERNET… L’EXEMPLE DU SITE JW.ORG

juillet 15, 2016 EDITO, JOURNAL

La « Watch Tower Bible and Tract Society of Pennsylvania » est une société d’édition et d’imprimerie basée aux Etats Unis, à New York et Warwick. Elle possède en France une filiale connue sous le nom « d’organisation des témoins de Jéhovah ». Dont le site internet est jw.org.

Cette société américaine est apparemment en difficulté, à en croire la fermeture de nombre de ses filiales et la revente de ses bâtiments-mères à Brooklyn. Lien de cause à effet ? Elle fait l’objet, depuis des années, d’innombrables mises en cause concernant des cas d’agressions sexuelles et de pédophilie perpétrés en son sein et non signalés aux autorités. Et ce dans le monde entier.

A l’exemple de ce cas récent confirmé par la Cour d’appel de Londres et condamnant la filiale anglaise des Témoins de Jéhovah à indemniser une jeune femme abusée par l’un de ses dirigeants à Loughborough (GB) en lui versant 275.000 livres sterling – environ 330.000 € – et à prendre en charge les frais juridiques de cette affaire, estimés à environ un million de livres sterling – environ 1.200.000 € – (1).

Si les faits sont avérés, il n’y a que justice à fixer ainsi de lourdes compensations financières. Mais que dire des traumatismes et suites psychologiques que va devoir ensuite affronter toute sa vie cette jeune femme même reconnue en qualité de victime…

Une récente campagne mondiale sur internet

Dans ces conditions, alertés par de nombreux parents qui craignent pour leurs enfants, le CAFFES s’interroge sur la récente campagne mondiale que vient de lancer sur internet la société américaine précitée –sous la direction d’un membre de son « collège » central – ou conseil d’administration – M Anthony Morris III – et que relaye sur son site jw.org sa filiale française.

On y voit plusieurs films d’animation commentés en près d’une centaine de langues – dont celles des signes – visant à convaincre les enfants à devenir « l’ami de Jéhovah © » et à faire pression sur leurs parents dans le but qu’il le devienne.

Manifestement ces films d’animation –qualifiés d’outils par M Anthony Morris III – sont des œuvres de la qualité de ceux des studios «Disney ». Ils ont probablement nécessité de gros investissements de la part de la société américaine précitée. C’est dire l’intention qu’elle ne cache même pas d’obtenir en contrepartie de leur diffusion quelques retours sur ses investissements. Et ce en ciblant notamment les jeunes qui sont des proies faciles pour qu’ils deviennent à vie les clients de son business éditorial.

Ce qui choque, c’est que pour y parvenir cette société diffuse, sur internet, au travers de ses films d’animation, la même idéologie apocalyptique, le même message effrayant, mensonger et démoralisant que l’on trouve dans chacune de ses publications et qui consiste à provoquer l’adhésion du lecteur par la peur.

Et la protection de la jeunesse ?

Il existe pourtant dans notre pays une législation visant protéger les enfants et les adolescents des publications comportant des illustrations, des récits, des chroniques, des rubriques, des insertions présentant sous un jour favorable le banditisme, le mensonge, le vol, la paresse, la lâcheté, la haine, la débauche ou tous actes qualifiés crimes ou délits ou de nature à démoraliser l’enfance ou la jeunesse, ou à inspirer ou entretenir des préjugés ethniques.Que ces publications soient faites sur papier ou sur internet.

C’est la loi du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse. Pourquoi Mme le ministre de l’Education Nationale dont c’est la responsabilité ne l’a fait-elle pas appliquer ? Ce alors même qu’il est établi, de l’avis de tous, qu’il faut par des interventions concrètes, par des projets chercher à limiter l’utilisation de l’Internet comme outil pour inciter à l’extrémisme, à l’intégrisme et au radicalisme des jeunes.

Or, c’est bel et bien de cela dont il s’agit, aussi, s’agissant des publications de la « Watch Tower Bible and Tract Society of Pennsylvania ». Laquelle devrait être, si l’information –stupéfiante en soit- est confirmée, l’hôte du prochain « Salon du livre de la Porte de Versailles » du 24 mars 2017 au 27 mars 2017. Sous le nom d’éditeur : EDITEF.

Un comble si cela est avéré !

D’autant que les organisateurs de ce salon ont annoncé que leur « …objectif pour 2017 est de proposer un contenu toujours plus attractif et un service encore amélioré à tous les publics, avec un effort particulier en direction des jeunes lecteurs…

Ce serait bien mal les servir que de leur proposer la littérature prosélyte et radicalisée des Témoins de Jéhovah (2).

En conséquence, le CAFFES demande que tout soit mis en œuvre, sans faiblesse, pour protéger notre jeunesse des visées de la société précitée dont on connait pourtant depuis longtemps les dérives et il est grand dommage qu’il faille, en 2016 encore, le demander.

Les lois existent, les droits de l’enfant reconnus, il suffit d’appliquer les unes et de faire respecter les autres.

(1) http://www.leicestermercury.co.uk/jehovah-s-witnesses-face-1m-legal-bill-after-young-girl-was-sexually-abused-by-one-of-its-members/story-29491614-detail/story.html

(2) Une organisation qui, du 1er juillet au 26 août 2016, tiendra environ 25 meetings en France, dans diverses salles et parcs d’exposition. Le nouvel outil «Deviens l’ami de Jéhovah © », destiné aux jeunes sur internet, devrait y être présenté.