La Provence – 16 / 05 / 15 – « Ma fille est en Syrie, moi en enfer »

Une mère marseillaise témoigne du « cauchemar éveillé » que vivent les parents d’enfants radicalisés

« J’ai perdu ma fille ». C’est ce que Corinne (1) dit aux gens, pour couper court aux questions, « ne pas avoir à affronter les regards, les silences, les incompréhensions ». Agnès, sa « grande » de 23 ans, n’est pas morte. Pourtant, c’est bien un deuil, « le deuil de mon ancien enfant », que traverse cette maman marseillaise. Agnès, qui exige désormais qu’on l’appelle Norah, est partie en janvier dernier rejoindre les combattants de l’État islamique en Syrie. Endoctrinée en cinq mois. Quasiment du jour au lendemain, cette jeune femme indépendante, équilibrée, insouciante, qui travaillait comme assistante psychologique dans une maison de retraite d’Arles, a basculé dans un autre monde. Inconcevable. Inaccessible. D’où elle apparaît quelquefois, irréelle, « voilée de la tête aux pieds comme un ninja, exaltée comme si elle était droguée« , lors des rares contacts sur Skype qu’elle a eus avec sa mère. Corinne assistera au colloque des antisectes qui se tient aujourd’hui à Marseille. Sans prendre la parole. « Je ne m’en sens pas encore capable« , explique cette mère désemparée qui, comme tous les parents de ces jeunes radicalisés, a vu sa vie « emportée dans une tornade« . Voici son récit.

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