France Inter – 10/11/2016 – Déradicalisation un business pas très sérieux

Depuis les attentats de janvier 2015, la « déradicalisation » est devenue un business qui n’attire pas que des professionnels sérieux. Elodie Guéguen a enquêté.

24 octobre 2016, centre des congrès de la Villette à Paris. Manuel Valls prononce le discours de clôture des rencontres nationales sur la prévention de la radicalisation. Devant un parterre d’élus locaux et de militants associatifs, le Premier ministre promet de débloquer des crédits exceptionnels. « Plus de 100 millions d’euros, sur trois ans », l’équivalent du budget annuel de l’Elysée. Une manne qui attire logiquement de nombreuses entreprises et associations. Aujourd’hui, près de 80 structures travaillent sur ce nouveau marché.

Il faut dire que depuis les attentats de Paris, la demande en matière de prévention de la radicalisation explose. Collectivités locales, préfectures, Education nationale ou encore grandes entreprises sollicitent des associations afin qu’elles les sensibilisent à cette nouvelle problématique. Ces associations parcourent la France en proposant des formations sur la détection des « signaux faibles », la laïcité ou la propagande djihadiste.

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Commentaire du CAFFES:

   Centre d’accueil, d’écoute, d’information et de prévention, le CAFFES (anciennement ADFI Nord-Pas-de-Calais-Picardie crée en 1975) accompagne les familles et sortants, victimes d’emprise sectaire de quelque nature qu’elle soit. Certaines organisations nous posent questions et nous ne pouvons que constater, à travers les récits des familles que nous accompagnons, que des faits dommageables pour l’individu peuvent découler de certaines pratiques.

Ainsi, nos  accompagnements ne datent pas d’aujourd’hui et s’inscrivent dans la continuité des actions initiées en 1975, il y a 40 ans pour l’ADFI NPdC.

Et si la radicalisation est largement couverte médiatiquement  depuis 2 ans, il ne s’agit pas d’un phénomène nouveau pour notre association  qui accompagne  des familles en  souffrant, de ses conséquences dramatiques depuis une dizaine d’année. Un accompagnement du CAFFES au même titre que les autres emprises sectaires, offrant aux familles l’ensemble des services, notre objectif premier est d’accompagner  les familles souvent désemparées par l’ampleur et le caractère urgent de la situation.

Notre association ne s’inscrit en rien dans la pratique récemment utilisée qui est de « déradicaliser », de la même façon que nous ne « convainquons » pas les victimes d’autres mouvements de croire ou non à telle ou telle  doctrine, nous respectons la liberté de croyance en rappelant que notre centre est non confessionnel.  En effet, prétendre  « déradicaliser » pourrait s’apparenter à de la manipulation positive et ne correspond pas aux objectifs et aux pratiques de notre association.