AFP – 07.09.2017 – Lutte anti-dérives sectaires : la Cour des comptes demande une réforme, annoncée pour 2018

Lutte anti-dérives sectaires: la Cour des comptes demande une réforme, annoncée pour 2018

La Cour des comptes recommande une réforme de la Miviludes, la mission de lutte contre les dérives sectaires, dont un nouveau décret précisera « dès 2018 » le rôle dans la prévention de la radicalisation jihadiste, selon la réponse apportée par les services de Matignon.
Ressources budgétaires « réduites », activité courante qui « s’essouffle »… Les sages de la rue Cambon, dont le contrôle a porté sur les exercices 2009 à 2015, estiment qu’une réorganisation de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) s’impose, dans un document publié mercredi.
Pour sa connaissance du conspirationnisme et son expérience dans la formation d’agents publics, la Miviludes, créée en 2002, a été associée dès le printemps 2014 à la prévention de la radicalisation, qui constitue dorénavant une partie importante de son champ d’intervention. Or ce domaine est « désormais fortement coordonné par le ministère de l’Intérieur », note la Cour des comptes, qui suggère que la mission soit rattachée à la Place Beauvau et non plus à Matignon.
Le secrétariat général du gouvernement a opposé une fin de non-recevoir à cette proposition. « Les préjudices pour la société en matière d’atteintes physiques, morales, financières pour les adeptes, de délitement des liens familiaux ou encore de détournement des circuits économiques justifient le maintien d’une politique interministérielle, garantie par le rattachement de la mission aux services du Premier ministre », peut-on lire dans sa réponse à la Cour.
« L’idée d’un transfert à l’Intérieur mettrait à mal notre interdisciplinarité », a abondé auprès de l’AFP le président de la Miviludes depuis 2012, Serge Blisko, rappelant que 40% des signalements qu’elle traite chaque année relèvent du domaine de la santé.
Pour autant, « les recommandations qui visent à renforcer l’efficacité de la Miviludes seront mises en oeuvre dans les plus brefs délais », assure le secrétariat général du gouvernement. Ainsi, le décret instituant la Miviludes sera modifié « dès 2018 », et « précisera la contribution attendue » de ses agents « en matière de prévention de la radicalisation », qui jusqu’alors n’était encadrée par aucun texte.
En outre, « pour alimenter sa réflexion » dans ce domaine comme dans son activité historique de lutte contre les dérives sectaires, la Miviludes sera dotée d’un « comité scientifique composé d’experts ».
Le président de la mission espère enfin la création d' »un ou deux postes » pour compléter son effectif de quinze agents, ainsi qu’une augmentation « modeste » de ses « moyens d’intervention ».
bfa/tmo/fm